COMMUNIQUE DU SECRÉTARIAT NATIONAL DU 04 JANVIER 2019

Le secrétariat national du parti a tenu sa réunion mensuelle ordinaire, le 04 janvier 2019 à Alger. Lors de ce rendez-vous, le point a été fait sur les activités organiques des secrétaires nationaux, les sénatoriales de la fin d’année 2018, le lancement de la campagne de ré-adhésions et d’adhésions et l’état du pays en général.

Le secrétariat national a invité ses membres à poursuivre le travail de consolidation des nouvelles sections pour permettre au RCD de mieux déployer la présence de ses militants dans les luttes sociales et élargir son influence au sein des segments agissants afin de mieux sensibiliser les populations devant les différentes étapes qui se profilent dans l’opacité. Dans nos fiefs traditionnels, le scrutin sénatorial du 29 décembre a démontré que nous pouvons être un véritable segment de recomposition au moment où des forces politiques s’abiment dans des alliances non assumées et que l’argent sale et l’administration se relaient pour dégrader davantage un climat politique et social déjà préoccupant.

Alors que le pays est rattrapé par des promesses non tenues de réformes, le gouvernement recourt sans retenue à la planche à billets pour combler artificiellement les déficits de tout genre et alimenter les rallonges financières, simulant ainsi un élan irresponsable vers une activité économique aux antipodes de toute gouvernance rationnelle. Dans ces conditions, la baisse tendancielle des réserves de change prises en tenaille par un niveau d’importation incompressible, sauf à prendre le risque de compromettre la paix sociale, et la quasi impossibilité de voir un prix du baril au-dessus de 100 dollars (condition minimale pour espérer retrouver un équilibre budgétaire) expose et prépare le pays à des désordres inévitables.

A ce bilan économique désastreux s’ajoute un bilan politique d’un règne de 20 ans sans partage qui replonge le pays dans l’impasse. On mesure alors le degré d’irresponsabilité du pouvoir réel dans la volonté de maintenir un statuquo qui a déjà ébranlé, saigné et miné le pays. Devant l’état de délabrement des institutions du pays, la dévastation des corps politiques et la destruction des espaces d’intermédiation, l’organisation d’une présidentielle avec ses lièvres et son bourrage systématique des urnes ne suffit plus à assurer la reconduction du système politique. Ce sinistre scénario est désormais clair. Il faut anesthésier les vitalités qui demeurent actives dans le tissu social et exclure violemment le peuple de la consultation. Emprisonnements arbitraires, viols répétés de la Constitution et des lois en vigueur, instrumentalisation éhontée de l’appareil judiciaire tendent à devenir la règle face à des citoyens révoltés et médusés devant tant de hogra, de cynisme et de désinvolture désormais vécues comme autant de provocations.

La dérive totalitaire qui consiste à priver le peuple algérien d’un débat sur les programmes politiques donne lieu à des offres de service burlesques ou à des agitations tendant tour à tour à reporter le scrutin d’avril 2019, organiser des conférences d’entente ou prêter l’intention au chef d’Etat d’un désir subit de démocratisation…Dans ces stratégies de diversion visant à organiser une élection en vase clos, avec ou sans la reconduction de Bouteflika, les réactions sélectives du chef de l’état-major de l’Armée nationale populaire ne travaillent pas à rassurer les citoyens sur la neutralité de l’armée vis-à-vis de tous les acteurs politiques. La tradition, toute algérienne, d’interpeller le commandement de l’armée dans des situations d’impasse ou de crise est le produit de notre histoire bloquée. Rompre avec ce syndrome de Stockholm c’est d’abord laisser le soin au pouvoir exécutif de se charger de ces sollicitations s’il le juge nécessaire.

On ne peut pas passer sous silence les propos d’acteurs non institutionnels, invoquer « courtoisement » la neutralité de l’armée vis-à-vis des autres et recourir au rappel à l’ordre, voire à l’invective, les préoccupations exprimées par certains. La dernière sortie du chef d’état-major indique tout sauf une attitude de neutralité républicaine. Les relais médiatiques qui exploitent cette réaction ciblant une option précise ne peuvent relever du hasard dans un système qui traque le moindre écart sur les réseaux sociaux. Autant l’interpellation adressée à un officier supérieur à la retraite surprend par sa célérité et sa fermeté, autant le silence qui a accompagné un autre officier proche du cercle présidentiel interpelle.

En 2004, le chef d’état-major avait solennellement et publiquement assuré que l’armée n’avait pas de candidat, avant d’être démenti par une fraude dénoncée par tous les observateurs puis démis de ses fonctions. Depuis, l’institution militaire peine à donner crédit à ses déclarations récurrentes promettant sa neutralité dans les compétitions politiques.

Le secrétariat national du Rassemblement exprime sa plus vive préoccupation face à la reconduction de la confiscation de la souveraineté du peuple dans des phases historiques où les systèmes les plus fermés s’essaient à la transparence des opérations électorales. Ce rendez-vous constitutionnel donne lieu à des règlements de comptes entre factions toutes mues par le contrôle de la rente et la perpétuation du système des privilèges. Une fois de plus, le RCD appelle au discernement et invite les citoyens à la vigilance dans une séquence politique où des provocations et une désinformation propagandiste tentent de remonter le temps pour relancer un régime condamné par son bilan et l’évolution des mœurs politiques.

Sur le plan régional, le secrétariat national a pris connaissance du contenu d’une lettre du PPS marocain adressée aux militants du RCD, et a adapté sa réponse à nos amis marocains du Parti du progrès et du socialisme. Cette correspondance sera incessamment rendue publique.

Le Secrétariat national du RCD

Alger le 04 janvier 2019

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