Mohcine Belabbas : « L’ouverture des frontières algéro-marocaines dépend en grande partie du gouvernement algérien »

Le RCD a annoncé, ce dimanche 11 mars, le lancement d’une initiative avec des partis politiques issus de la Tunisie, du Maroc et de la Lybie.   Ces formations politiques se sont entendues pour « donner à leurs relations un prolongement et un suivi plus soutenus dans des termes et des formes qu’elles se proposent de préciser dans les meilleurs délais ». Dans cet entretien, Mohcine Belabbas revient sur cette initiative.

À quoi pourrait servir cette initiative commune alors que la situation en Afrique du Nord est différente d’un pays à l’autre ?

Elle servira à beaucoup de choses. Partout dans le monde, il y a des regroupements qui se créent entre les grands partis. L’idée est de peser sur la décision au niveau de nos différents pays. Des questions doivent être prises en charge rapidement. Depuis plusieurs années, les relations bilatérales et multilatérales entre les pays qui constituent cette région sont en panne. Nous constatons un statut quo alors qu’il y a beaucoup de problèmes qui doivent être réglés. Je peux vous citer la question des échanges commerciaux, la liberté de circulation, la sécurité au niveau des frontières et l’émigration clandestine. Toutes ces questions doivent être abordées de façons solidaires pour essayer de peser ensemble.

Comment peser et débloquer la situation ?

Il est important de signaler que les partis qui ont signé cette déclaration siègent au niveau des parlements de leurs pays respectifs. J’ajoute que cette initiative va s’élargir à d’autres formations politiques dans ces différents pays voire même dans d’autres pays de la région telle que la Mauritanie. Certains partis politiques qui adhéreront à l’initiative pourraient siéger au niveau du gouvernement notamment au Maroc par exemple ou en Tunisie. Donc, il y a toujours des moyens de peser quand il y a des échanges sérieux entre différents acteurs politiques.

Des partis politiques peuvent-ils peser sur la question liée à la fermeture des frontières algéro-marocaines par exemple ?

L’ouverture des frontières algéro-marocaines dépend en grande partie du gouvernement algérien. Un consensus pour leur réouverture existe chez les acteurs politiques algériens de l’opposition et même chez des diplomates algériens de renommée mondiale. Il suffit de lire les déclarations de Lakhdar Brahimi ou Halim Benatallah sur le sujet pour s’en rendre compte. Leurs ouvertures nécessitent évidemment des pourparlers entre les dirigeants des deux pays afin d’asseoir une coopération sur leur sécurisation contre le banditisme et les trafics qui se sont d’ailleurs amplifiés avec cette fermeture.

Avez-vous contacté des partis politiques en Algérie pour qu’ils adhérent à l’initiative ?

L’idée d’aller vers un cadre d’expression et d’échange avec les partis politiques des différents pays de la région n’est pas nouvelle au niveau du RCD. Nous en avons parlé lors de la convention nationale en juin 2013 et puis lors du colloque que nous avons organisé sur l’économie. Donc, il fallait la concrétiser. Pour cela, nous avons profité de l’occasion que nous offrait notre congrès. Nous avons discuté avec les représentants des partis politiques des pays nord-africains présents et leurs avons soumis un projet de déclaration commune mais nous avons préféré qu’ils consultent leurs directions respectives avant de rendre publique l’initiative.

Tous les partis sont appelés à faire un travail de prospection dans ces différents pays pour associer d’autres formations politiques. Le RCD fera en sorte à ce que d’autres partis politiques progressistes algériens s’impliquent dans cette perspective. Là, nous sommes encore au début du chantier.

Des propositions ont été formulées samedi par des acteurs de l’opposition lors du septième anniversaire de la création de Jil Jadid dont un accord autour d’un candidat commun lors de la prochaine élection présidentielle en 2019. Qu’en pensez-vous ?

Au niveau du RCD, nous ne sommes pas à la recherche d’un candidat unique. Nous sommes à la recherche d’une élection ouverte organisée par une instance indépendante de gestion des élections. Nous pensons que si le pouvoir en place accepte une élection ouverte, il doit y avoir un deuxième tour. Accepter les deux tours est important en termes de messages politiques en direction de l’opinion publique nationale et internationale. Mais si on continue à organiser des élections à la Naegelen, comme disait le chef de l’État, le citoyen algérien et l’opinion internationale vont désespérer du scrutin en Algérie.

Propos recueillis par Hadjer Guenanfa

TSA, 12/03/2018

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