Communiqué du RCD

Spectaculaire, le limogeage d’Abdelghani Hamel, le patron de la DGSN, n’est pourtant pas le premier signal de l’intenable politique de statu-quo infligée au pays par un système politique qui a mué en sectes concurrentes, otages de leurs propres agissements.

Dernier scandale en date : l’affaire de la cocaïne, il ne s’agit plus de passe-droits ou de trafic d’influence, devenus monnaies courantes et qui impactent les choix stratégiques et les décisions dans de juteux secteurs d’activités ; des institutions régaliennes ou névralgiques sont l’objet de pressions qui les livrent à des arbitrages relevant d’intérêts privés.

Selon leurs positions dans les institutions de l’Etat, il y a ceux qui communiquent à minima, ceux qui font de la rétention d’information et ceux qui tentent d’orienter directement et d’influencer les conclusions de la justice. Le résultat de cette opacité est désastreux. Une fois de plus, l’opinion est désemparée et ne retient de ce nouveau feuilleton qu’un règlement de comptes dans le sérail pour livrer le pays à un clan ou à un autre, y compris par la violence, à la veille du plus important rendez-vous électoral constitutionnel du pays.
Rappelant que l’affaire qui a déclenché cette tempête fait suite a l’interception en haute mer d’une cargaison de cocaïne par les services de l’Armée sur un paquebot qui se dirigeait vers le port d’Oran. C’est ensuite le parquet d’Alger qui a été saisi de l’affaire. Très vite cette opération prend des allures de scandale politique. Si une information régulière et complète avait été donnée, à temps par les agents habilités pour le faire, la rumeur et la distillation de « scoops » auraient été moins prégnantes sur une opinion largement désabusée et fragilisée par une guerre de succession qui n’en finit pas.

Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que les discrédits à répétition que subissent les institutions de l’Etat n’ont pas seulement un coût économique et financier. Les promoteurs de ces hold-up à répétition semblent ignorer que le délitement infligé aux ressorts sociaux par ces saignées, couplé à la promotion d’un statu-quo mortifère et une situation régionale incertaine conduisent tout droit la collectivité nationale vers l’anarchie voire la violence et l’inconnu. C’est cette appréhension qui hante les citoyens algériens du nord au sud et de l’est à l’ouest. Il ne s’agira alors plus du triomphe de la force mais du règne du chaos.

Le RCD qui milite pour une Algérie restituée à tous ses enfants, a toujours placé les intérêts de la Nation au-dessus des carrières politiques et des intérêts étroits des clans et des chapelles. L’arrogance et maintenant les affrontements qui prennent le pas, à plusieurs niveaux de la décision, sur la responsabilité et le patriotisme dans la conduite et la gestion des affaires de l’Etat témoignent du naufrage d’une gestion dictée par le secret et le népotisme.

Malgré cette politique anti nationale et anti sociale, nous sommes convaincus que les idéaux patriotiques animent toujours l’écrasante majorité de notre peuple. Il n’est pas trop tard pour réunir les conditions d’une sortie pacifique de crise ; cela commence par la levée des interdictions et contraintes sur les activités publiques des associations et partis politiques, des mesures d’apaisement sur le front social et une volonté affichée de transparence dans la gouvernance économique et judiciaire avant d’envisager la mise en place d’élections régulières et transparentes comme l’ont fait des pays disposant de ressources humaines et naturelles nettement inférieures à celles de l‘Algérie. C’est l’unique moyen pour faire échec à des aventures et des surenchères claniques qui révoltent le citoyen et décrédibilisent un peu plus le pays sur la scène internationale.

Le RCD appelle à la plus grande vigilance pour éviter d’autres drames. Il reste persuadé qu’une issue positive au blocage historique de la vie publique est possible. Malgré la colère légitime des citoyens et l’autisme des dirigeants propices aux appels et raccourcis politiciens, la solution sera pacifique ou ne sera pas.
Alger le 30 juin 2018
Le RCD

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