Mesdames Messieurs Bonjour et bienvenus
Notre Conseil national ordinaire coïncide avec le 28ème anniversaire de la fondation de notre parti. Nous devons être fiers du chemin parcouru dans une adversité à toute épreuve. Partout dans le pays, le RCD est identifié au combat pour la démocratie, les droits de l’homme et à la promotion de l’authenticité millénaire de notre société. Les citoyens savent, également, que notre patriotisme a sauvé le pays d’une barbarie d’un autre âge.
Aujourd’hui nous œuvrons pour que le RCD constitue le pôle du combat pour l’émancipation individuelle et collective par un nouveau départ dans la voie de la construction d’un Etat démocratique et social : un Etat qui promeut l’égalité, la justice, les valeurs du travail et de la solidarité.
En cette occasion permettez-moi de rendre hommage aux générations qui ont permis par leurs sacrifices et leur esprit visionnaire l’émergence de notre Rassemblement. Mes pensées vont aussi à tous ceux parmi notre famille qui ont payé de leur vie leur engagement. (Minute de silence)
Chers ami(e)s
La crise que traverse notre pays ne cesse de s’amplifier. Elle est porteuse de désordre et d’anarchie. Elle fait peser une lourde menace sur notre vivre ensemble jusqu’à notre souveraineté. La gravité de la situation économique doit nous inquiéter au plus haut point. Tous les clignotants sont au rouge. Le rétablissement des agrégats macro économiques exhibés comme un butin de guerre lors du pétrole à 120 dollars est désormais illusoire. Les déficits s’aggravent. La précarisation et le chômage s’installent. La pauvreté pointe dans de nombreux villages et quartiers. Les dernières intempéries ont révélé l’ampleur de la fragilité de nombreuses couches sociales.
Les facteurs à l’origine de cette situation sont connus. Ils relèvent pour l’essentiel des mauvais choix économiques, de la corruption endémique, des malversations et du refus de la transparence mais surtout des fraudes électorales qui détournent les voix des citoyens et faussent leurs choix. Ces pratiques qui démobilisent les citoyens ne constituent pas uniquement un déni de souveraineté mais à force de les répéter elles font désormais peser à la fois des dangers pour la stabilité et pour la paix en général.
Les violations des droits de l’Homme se généralisent. Les restrictions des libertés d’expression et les entraves à la liberté de la presse sont manifestes. Des activistes politiques et autres blogueurs sont interpellés et jetés en prison pour de simples publications sur les réseaux sociaux. Les violences politiques, les pressions et le chantage à l’encontre des citoyens sont quotidiens. Le nombre de détenus sans cesse croissant pour délit d’opinion ou pour une simple appartenance à un courant politique plonge le pays dans l’arbitraire et la peur.
Le summum de telles pratiques a été atteint dans la wilaya de Ghardaïa où un état d’exception a été imposé aux citoyens depuis bientôt deux ans. Utilisés comme boucs émissaires, des activistes et militants politiques sont en détention provisoire depuis plus de 18 mois pour des chefs d’inculpations montés de toutes pièces. C’est le cas notamment de Nacer-Eddine Hadjadj, ex P/APC de Berriane et membre de la direction du RCD, et de Kerrouchi Noureddine cadre à la direction de la jeunesse et des sports, sociologue et militant du RCD. Aucune mesure d’apaisement ni de grâce n’est venu de la part des tenants du pouvoir malgré de nombreux appels à la raison. Pire, à présent c’est la mort qui rode dans nos prisons.
Chers ami(e)s
Les tourments politiques que connait le pays n’épargnent plus aucune institution. Les partis du régime et toutes les organisations sociales qui lui sont inféodées sont à leur tour atteints. Ils sont en proie à des convulsions et à des contradictions internes parce que soumis à des centres de décisions en décomposition.
Des dirigeants sont tétanisés par l’ampleur des problèmes. D’autres, tapis dans l’ombre les exploitent, voire même les exacerbent. Un aperçu de cette tentation du pire nous a été donné par les manipulations des événements survenus au mois de janvier, au niveau de certaines wilayas du centre du pays. Le refus de dialogue des officiels avec la classe politique de leur pays contraste avec la médiatisation des audiences qu’ils accordent à des responsables de partis politiques étrangers.
Les sorties sur le terrain des ambassadeurs américains, français et anglais sont aujourd’hui plus visibles que celles effectuées par nombre de ministres. Les enquêtes des parlementaires français sur la situation de notre pays sont réalisées avec l’assistance de dirigeants algériens pendant que les parlementaires nationaux sont invisibles, inaudibles et inopérants.
La frilosité de la diplomatie algérienne à réagir face aux traitements infligés à des nationaux dans les pays étrangers comme lors du dernier pèlerinage à la Mecque ou plus récemment par les USA à un des nôtres au niveau d’un aéroport américain est symptomatique de la déliquescence institutionnelle. Elle renseigne sur le peu de cas que font nos dirigeants de nos vies devant la quête de soutien à leur gouvernance. Elle aggrave dans le même temps le fossé avec la communauté à l’étranger déjà largement entamé lors de la dernière révision constitutionnelle.
Chers amis
La crise de légitimité, certes profonde, peut connaitre une amorce de règlement à l’occasion des élections législatives prochaines si le pouvoir se résout à ne pas triturer les résultats et à laisser les citoyens choisir librement leurs représentants. La transition démocratique et pacifique ne procède pas de formalisme. Elle procède avant tout d’une volonté politique d’aller vers le règlement des problèmes. L’essentiel de l’opposition est prêt. La balle est, une fois encore, dans le camp du pouvoir.
La dernière session ordinaire de notre Conseil national a pris la décision de participer aux élections législatives de 2017. Depuis, l’essentiel de la classe politique a annoncé sa participation à ce scrutin. Ce rendez-vous électoral, qui permet de confronter les différents programmes politiques et de tester notre popularité, peut être l’occasion d’impulser une dynamique de changement à la vie politique et institutionnelle.
Par contre, la surmédiatisation de « la Haute instance de surveillance des élections » dont le président a été de surcroit installé en violation de la loi jette plus de discrédit à cette structure qu’elle ne rassure les électeurs sur un processus déjà décrié parce que organisé par un pouvoir exécutif qui affiche son mépris de l’opposition. Fait aggravant, la structure chargée de cette organisation, à savoir le ministère de l’Intérieur, qui est incapable de donner suite à de simples courriers de demande d’information de la part de structures politiques ou sociales pourtant légales n’augure pas de transparence et de neutralité dans la compétition électorale. La précipitation de l’annonce de la rémunération des membres de cette « instance de surveillance » qui pour l’essentiel se recrutent dans la clientèle du régime est de ce point de vue édifiante sur la voracité des hommes du système y compris en période de crise aigüe et d’austérité imposée aux citoyens.

Chers ami(e)s
Les motivations qui ont présidé à notre participation sont connues de tous. Il s’agit d’une opportunité de rendre visible l’opposition, de se doter d’une tribune pour exposer notre programme, de contribuer à l’élaboration d’une prise de conscience des périls qui nous assaillent et de rendre publiques les solutions que nous préconisons, leur calendrier d’exécution et leur mode opératoire. Au bout du compte c’est la construction de notre parti.
A ce sujet, cette décision a enclenché une nouvelle dynamique organique ayant abouti à la réactivation des structures de notre Rassemblement à travers les 48 wilayas du pays. Cette dynamique est un bon signe de santé organique de notre Rassemblement. Elle est le résultat d’un engagement de nos militants des wilayas de l’intérieur qui malgré les blocages et autres intimidations qu’ils subissent se sont engagé dans la bataille.
Au RCD, nous avons conscience que notre devoir est de poser les vrais problèmes et d’apporter les bonnes réponses au lieu de les fuir, les nier ou les compliquer comme c’est le cas des tenants du pouvoir.
C’est pourquoi le RCD ne fera pas de campagne sur des slogans creux. Il n’abusera pas le citoyen sur une fallacieuse réconciliation nationale qui a bâillonné les victimes et meurtrie les mémoires. Cette réconciliation est dépassée parce que nous l’avons matérialisée par des actions concrètes sans l’aide du pouvoir et de ses satellites. Pour nous, la réconciliation nationale prend appui sur la conférence de Mazafran du 10 juin 2014.
Le RCD ne tentera pas de tromper les citoyens sur de supposés complots de l’étranger. Ces derniers, quand ils existent, sont souvent nourris par le refus des régimes totalitaires de reconnaitre à des pans de la société de vivre dans la dignité, par l’autoritarisme, l’abus de pouvoir et notamment par le monopole politique à travers des fraudes électorales récurrentes.
Le RCD fera une campagne électorale sur un programme et des propositions claires, assumées et réalisables. Les cadres des wilayate que nous avons réunis le 03 février dernier savent qu’ils doivent compter sur notre collectif et les nombreuses sympathies qui nous entourent. Comme d’habitude l’essentiel des médias continueront d’agir comme ils l’ont toujours fait : nous boycotter ou nous diaboliser. Nous avons appris à nous adresser directement aux citoyens. Nous continuerons à le faire. C’est notre force.
Seules, sont perdues d’avance les batailles qu’on ne livre pas. Nous allons mener la bataille de la sensibilisation, celle de la mobilisation et celle de la surveillance. Le résultat dépendra aussi des efforts fournis. Le RCD a toujours été et restera un parti qui sème l’espoir et l’ambition.
Vive le RCD
Vive l’Algérie démocratique et sociale
Je vous remercie
Mohcine Belabbas, président du RCD

Alger, le 10/02/2017

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