Loi de finances complémentaire 2020: l’exécutif acte le transfert des effets de la crise sur les populations

Loi de finances complémentaire 2020: l’exécutif acte le transfert des effets de la crise sur les populations

C’est le moins que l’on puisse dire d’un projet qui pénalise doublement les citoyens pour permettre au gouvernement de boucler l’exercice budgétaire avec moins de déficit financier.

En effet la grande trouvaille de se délester de 50 pour cent des dépenses de fonctionnement (hors salaires) aura pour première conséquence un manque de ressources pour encadrer les difficultés sociales et de services générées (et/ou) aggravées par la crise sanitofinanciere du covid 19. C’est la principale mesure de baisse des dépenses.

Les autres mesures qui consistent à augmenter les recettes se résument à la hausse de la TPP ( carburants) . Une disposition qui aura pour effet de générer des augmentations en cascades des produits agricoles, de services et manufacturiers. Le maigre glissement du SNMG est largement récupéré . Dans ce même chapitre qui consiste à renflouer les caisses par l’instauration d’un impôt sur la fortune ne trompe personne quant à son caractère populiste du moment qu’aucun fichier sérieux n’existe pour taxer les riches. La forte taxation sur les véhicules neufs, en plus de son inéquité, elle aura peu d’effet avant que le nouveau dispositif d’importation voit le jour.

L’autre grande escroquerie de cette LFC est qu’au lieu et place de la mise en place d’un plan pour sauver les entreprises et les commerces touchés de plein fouet, le gouvernement se contente de ressasser de simples mesures prises dans l’urgence pour différer le paiement des impôts.

Dans une situation de bouleversements économiques mondiaux, les rédacteurs de cette loi, probablement les mêmes qui rédigeaient pour le président déchu, présentent l’aménagement du 49/51 comme “la révolution” qui va pomper enfin les investissements vers l’Algérie qui se réveille chaque jour avec de nouvelles mesures liberticides.

En somme , on est passé d’un court terme reconduit 20 ans durant à un très court terme enclenché par le nouveau pouvoir de fait. Une situation qui ne peut durer longtemps.

Alger, le 31 mai 2020
Le RCD

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