Communiqué du Secrétariat national du 15 février 2020

Le secrétariat national du RCD s’est réuni en session mensuelle ordinaire, le 14 février 2020, à Alger. Il a fait le point sur le lancement du plan de redéploiement organique adopté par le conseil national du 11 janvier 2020. Sur ce volet, l’exécutif du parti est appelé à associer tous les cadres du Rassemblement pour concrétiser nos positions politiques, de plus en plus populaires, et amplifier notre intervention pour l’avènement d’un nouveau départ pour le pays qui passe inévitablement par la souveraineté du peuple, c’est à dire le respect de son droit à décider librement de son avenir.

En ce mois qui marque, pour cette année, le 31ème anniversaire de la fondation de notre parti, le Secrétariat national relève avec satisfaction les multiples activités de commémoration initiées par les collectifs de militants à travers de nombreuses wilayate du pays et enregistre avec sérénité les initiatives et les appels au regroupement de notre famille politique.

Il s’incline, par la même occasion, devant la mémoire de ceux qui nous ont quittés pour un autre monde. Il rend hommage, en particulier, aux vaillants militants, victimes du terrorisme et de l’autoritarisme du pouvoir. Nous le savons, leurs familles et leurs amis le savent aussi, que le soulèvement de la jeunesse de toute l’Algérie, le 22 février 2019, est l’hommage suprême à leur combat.

L’aboutissement de ce combat passe par la libération des énergies saines de notre jeunesse et des femmes en quête de citoyenneté. A ce sujet, les jeunes militants du parti doivent prendre une place prépondérante dans l’investissement politique et organique. Dans ce cadre, le Secrétariat national enregistre la nomination de Bougheriou Mahmoud en tant que coordinateur national des Jeunes Progressistes par le président du Rassemblement en vue de concrétiser cette orientation stratégique de notre intervention. Dans ce registre de l’élargissement de notre implantation à travers de nombreuses wilayate, le RCD dénonce la compagne d’intimidations et de chantage contre les citoyens qui ont décidé librement d’investir et d’aider nos structures pour organiser le combat pour l’alternative démocratique.

Une année après cette date historique du 22 février, l’ampleur du rejet de la gouvernance du pays n’a pas faibli. Le pouvoir de fait, avec les  incarnations qu’il se donne dans différentes conjonctures, démontre, une fois de plus, que seule compte sa pérennité y compris en risquant de mettre en  péril celle du pays. Après le coup de force du 12 décembre pour installer au poste de Chef de l’Etat un président-potiche, le pouvoir de fait poursuit, dans un climat de chantage à la faillite financière, sa politique de répression des manifestations publiques, d’interdiction des réunions politiques de l’opposition démocratique et de la société civile, de fermeture des médias à toutes les voix discordantes et de maintien en prison de militants politiques engagés dans le Hirak.

Mieux ou pire, c’est selon, le programme qu’il a élaboré et présenté à une APN croupion, impute la faillite du système politique algérien à une simple “mainmise de forces occultes extraconstitutionnelles sur les leviers de la décision politique”. C’est ainsi que la solution à la crise politique est réduite à donner un quitus à un gouvernement, de surcroit illégitime, pour “revoir, d’une manière profonde, l’ensemble du dispositif d’organisation des élections “.

Par ailleurs, ce programme aligneet compile des slogans populistes comme le fameux “l’homme qu’il faut à la place qu’il faut” des années 1970 ( l’accès aux fonctions de responsabilités sera désormais tributaire de la qualification et du mérite!) ou alors sur des lieux communs dans  les domaines de  l’industrie, l’agriculture  ou le secteur du tourisme que le gouvernement pense faire revivre par  la formule éculée de “la facilitation des procédures de l’obtention des visas au profit des touristes étrangers“. Passe sur le foisonnement de dispositifs de luttes contre la corruption alors que la pierre angulaire de la traque de cette autre “constante nationale” réside dans l’indépendance de la justice.

Au plan économique et social, les observateurs se demandent comment le gouvernement, rejeté par tout le peuple algérien,  compte faire baisser le chômage dans une conjoncture de marasme économique en feignantde faire de “la création des emplois …une approche strictement économique” , d’autant plus qu’aucun financement alternatif en dehors du recours au  budget de l’Etat n’est explicitement évoqué dans son texte. Au sujet des supputations de la revalorisation du SMIG, il faudra d’abord revenir à la définition universelle du salaire minimum garanti qui ne peut inclure aucune prime ou indemnité qui sont du ressort des conventions collectives. Les études sommaires largement diffusées dans la presse nationale indiquent qu’aucun foyer ne  peut vivre décemment avec moins de 50 000 dinars. Il est par conséquent utile de préciser que tout salaire de base net inférieur à 35 000 dinars ne saurait être considéré comme une volonté d’améliorer le pouvoir d’achat de l’immense majorité des salariés.

Le RCD considère que seule une alternative politique qui réunit les conditions de l’expression de la souveraineté populaire quant au choix de la nature des institutions à mettre en place pour concrétiser un nouveau départ pour le pays, constitue une réponse viable aux revendications du peuple algérien.  C’est le sens à donner auregroupement des forces de l’alternative démocratiques qui offre au pays un processus constituant piloté consensuellement par des organes indépendants de l’agenda du  système politique prédateur qui a ruiné le pays et qui continue à miser sur une normalisation de la situation.

Pour le RCD, l’heure est au rassemblement le plus large de toutes les forces qui s’opposent à l’agenda du commandement autour des  militaires qui veut continuer à régenter la vie des Algériennes et des Algériens. Les frontières de ce regroupement ne peuvent être de nature idéologique. Elles ne doivent se baser que sur le parcours des  partis etdes personnalités politiquesqui considèrent présentement que l’instauration d’un système politique démocratique passe par une phase de transition non pilotée par le système politique issu du coup de force de  1962.

 

Alger le 15 février 2020

Le Secrétariat national du RCD

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