Résolutions du conseil national du 11 janvier 2020

Le Conseil national du RCD a tenu sa première réunion de l’année 2020, ce 11 janvier, à Alger. Il a débattu de la situation politique du pays, à la lumière de la poursuite du mouvement populaire, de la fermeture du champ politique, du verrouillage du champ médiatique, de la répression déployée par le régime ainsi que du coup de force du commandement militaire pour installer à la fonction de chef de l’Etat, Abdemadjid Teboune.

Au volet organique et financier, le Conseil national a pris connaissance du plan de redéploiement pour l’année 2020, élaboré par le département organique du parti et présenté par Nassim Yassa, secrétaire national à l’organique et aux élections ainsi que du bilan financier de l’année écoulée, présenté par Mohand Arezki Hamdous, le secrétaire national à l’administration et aux finances.

S’agissant du volet politique, dans son allocution d’ouverture, le président du parti a rendu un hommage appuyé aux détenus d’opinion pour leur courage et leur dignité devant une justice aux ordres réduite à fabriquer de toutes pièces des chefs d’inculpation pour jeter en prison des citoyens exemplaires, dont le seul « tort », aux yeux de ceux qui continuent à nous gouverner est et demeure celui de vouloir vivre dans un état libre et démocratique . “Le RCD exige leur réhabilitation morale et symbolique et leur indemnisation pour les torts qu’ils ont subis” déclare t-il, en substance.

Ce discours sur l’état du pays et les perspectives ouvertes par le mouvement populaire a donné lieu à des débats fructueux qui ont porté essentiellement sur la nécessité de la poursuite de la mobilisation populaire pacifique, l’impératif d’unir les efforts pour consolider le consensus qui se dégage pour une transition ouverte et constituante et l’exigence du renforcement de nos actions par toutes les forces qui portent l’idéal d’une Algérie libre et démocratique pour la réussite de l’Alternative démocratique.

Le Conseil national estime que le redressement national ne peut se suffire de quelques réformettes ridicules au vu de l’état du pays et que toute tentative de replâtrage, pour maintenir le système en place, ne peut être viable et durable. Au mieux, elle ne servirait qu’à différer, encore une fois, nos problèmes qui prennent racine dans la confiscation de la souveraineté du peuple. Dans ce cadre, tout dialogue parcellaire n’est que l’expression d’une volonté de contourner la seule voie salvatrice, le rétablissement du peuple algérien dans ses droits d’édifier des institutions qu’il aura choisi librement. C’est la revendication centrale portée par le soulèvement populaire et défendue depuis longtemps par les organisations et les partis politiques progressistes.

Le RCD qui a payé et qui paie toujours un lourd tribut pour la liberté et pour l’avènement de la citoyenneté pleine et entière des Algériennes et des Algériens, considère que l’heure est à la mobilisation pour construire et renforcer l’unité autour de l’alternative démocratique. Il est pleinement engagé pour la réussite des assises de la démocratie, projetée par le PAD pour le 25 janvier 2020. Il appelle l’ensemble des organisations démocratiques, les collectifs citoyens et les militants de la démocratie à faire de ce moment une rampe de lancement pour une conférence nationale qui mobilise le plus largement possible autour d’une transition démocratique qui fixe les instruments et les mécanismes d’un processus constituant et qui redonne la parole au peuple algérien. C’est la condition d’un nouveau départ pour construire ensemble une Algérie de développement et de progrès.

Enfin, le Conseil national du RCD a débattu de la crise libyenne. Il ne peut taire la faillite diplomatique de la gouvernance algérienne, fruit de l’absence de projet et d’ambition pour le pays durant le règne du président déchu. Cet état de fait a conduit l’Algérie à camper dans un rôle secondaire, dans ce conflit, dans un pays avec lequel nous partageons pourtant une frontière de prés de 1 000 kms et une histoire multimillénaire. La célébration de Yenneyar en référence à Chachnaq, pharaon égyptien d’origine Amazigh issu d’une tribu libyenne n’est pas un fait anecdotique. Cette autre facette de ce qui consolide les liens entre les états nord-africains ne semble pas intéresser le pouvoir de fait, mais cela est une autre histoire.

Asegwas Ameggaz 2970 à toutes et à tous.

Alger le 12 janvier 2020
Le Conseil national du RCD

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