Réunion du Secrétariat National du RCD : communiqué

Le Secrétariat national du RCD s’est réuni en session mensuelle, à Alger, le 15 novembre 2019. Il a débattu du redéploiement organique du parti, de la situation nationale et des avancées du mouvement révolutionnaire dans la voie de la conquête de la liberté et de la souveraineté du peuple pour prendre en charge son avenir.

Au plan de la structuration organique, le président du parti a instruit les membres de l’exécutif national pour que les nombreuses activités animées par les cadres du parti, dans diverses wilayas, aboutissent à l’installation de sections RCD sur tout le territoire national. L’écho citoyen, considérable, à notre intervention publique, pour aider le mouvement populaire à imposer la solution de la transition démocratique et pacifique doit aussi se matérialiser par la présence organique du Rassemblement partout où c’est possible.

Neuf mois après le 22 février, la décantation se précise. D’une part, il y a ceux qui, sans calcul, ont pris à bras le corps et répercutent les exigences du peuple algérien, en lutte pour le recouvrement de sa souveraineté entière.  D’autre part, il y a ceux qui ont choisi, pour des raisons diverses, de se mettre sous le giron d’un chef d’état-major hors temps. Que ces derniers ne portent aucun projet en eux mêmes ou qu’ils estiment que leur heure est venue pour corroborer l’imposture qui consiste à réduire la faillite du système politique au seul choix de “bonnes personnes” à investir dans la fonction présidentielle, importe peu. C’est désormais un slogan passé de mode.

Devant la détermination citoyenne d’aller jusqu’au bout pour en finir avec une gouvernance qui a privé l’Algérie d’un projet de développement à notre portée, le plus important, aujourd’hui, est de consolider la seule alternative viable : la transition démocratique et pacifique contre la tentation de restauration du système politique par une mascarade électorale dont les résultats sont connus d’avance.

Le RCD salue la disponibilité de partis, organisations, collectifs et personnalités qui inscrivent leur action dans une perspective unitaire et autonome. Ce sens de la responsabilité a déjà disqualifié les repositionnements opportunistes ou sectaires. Cette autre décantation est aussi d’une grande importance pour l’avenir du pays. Le RCD salue également les mobilisations sectorielles qui accompagnent et aident le mouvement révolutionnaire à faire aboutir pacifiquement ses revendications. Les journalistes du secteur public et du secteur privé qui ont signé un communiqué commun pour dénoncer l’arbitraire, les entraves au droit à l’information et la censure font honneur à une profession qui a payé un lourd tribut dans les années 90.

Face au caractère pacifique et unitaire du mouvement populaire, la contre révolution enclenchée par le biais de Gaid Salah ne désarme pas : menées subversives contre l’unité de la nation, encerclement de la capitale, arrestations et détentions arbitraires, chantages en tous genres, puisés des fichiers de la police politique du régime comme ce fut le cas des magistrats grévistes, perturbation de l’accès aux réseaux sociaux, intervention auprès de gouvernements étrangers pour entraver les médias qui couvrent les activités du Hirak sont parmi les armes des laboratoires d’un pouvoir de fait pris de panique et  agonisant.

Les verdicts de condamnation à des peines de prison de citoyens innocents arrêtés lors de marches pacifiques, à Alger, pour possession de l’étendard amazigh ou pour de simples motifs de présences répétées dans ces marches populaires déshonorent leurs auteurs. Cette soumission avilissante de cette justice aux ordres est sans appel et ses inconséquences sont flagrantes du fait que pour les mêmes griefs les autres juridictions du pays  n’ont pas trouvé motif à prononcer des condamnations. Le RCD, dont de nombreux militants sont ainsi pris en otage dans les prisons de Gaid Salah, est fier de la détermination et de la dignité dont font preuves les détenus de l’emblème amazigh, pour qui seule compte l’Algérie libre et démocratique pour laquelle ils se battent. Il salue les nombreuses solidarités qui entourent ces détenus et leurs familles. Cet élan de solidarité, matériel et moral, qu’il faut encourager est pour l’essentiel loin des lumières médiatiques.  

Enfin, lors des travaux du secrétariat national, les processus d’adoption de la loi de finances 2020, du projet de loi sur les hydrocarbures et de la loi sur les prérogatives de la police judiciaire ont fait objet de débats. Au delà de l’illégitimité de ce pouvoir de fait à légiférer sur le devenir du pays, la place des hydrocarbures dans le modèle énergétique du pays et la part que le secteur doit prendre dans un plan de développement du pays nécessitent un large débat qui passe obligatoirement par l’instauration d’institutions crédibles et légitimes. Au demeurant dans ce domaine ou dans les autres secteurs, le captage des investissements étrangers ne peut se suffire d’une arithmétique comme la redéfinition du 49/51. Il faut d’abord mettre le pays sur le chemin de la croissance. Pour ce faire, la légitimité et la crédibilité des institutions du pays sont des pre-requis incontournables. On en est loin.

Le rendez-vous du 12 décembre est déjà disqualifié. Le RCD est plus que jamais convaincu de la nécessité d’œuvrer à consolider et élargir la construction de l’alternative démocratique portée par le mouvement populaire.    

Alger, le 16 novembre 2019

more recommended stories