Communiqué du secrétariat national du 18 octobre 2019

Le secrétariat national du RCD s’est réuni en session ordinaire, le 18 octobre 2019, à Alger. L’instance exécutive du parti a inscrit à son ordre du jour l’examen de la situation organique en relation avec les activités du Rassemblement  et l’analyse de la situation politique, marquée par une montée exceptionnelle  de la mobilisation populaire contre  la tenue de la présidentielle et la poursuite de la politique de bradage de nos richesses.

L’inéluctable reconfiguration de la scène politique dans le sillage du mouvement révolutionnaire du 22 février 2019 met à nu un personnel politique usé et largement discrédité dans l’opinion publique. Les partis du pouvoir sont quasiment interdits d’activités publiques par le peuple et les partis de l’opposition qui ont succombé à la clientélisation par le bais de la police politique peinent à sortir la tête de l’eau. Dans ce mouvement, le RCD qui a, depuis son quatrième congrès, édifié sa politique sur la protection de son autonomie  de décision et la réunion de conditions pour jeter les bases de la construction d’un parti national est la cible d’une déstabilisation par ceux qui conçoivent toujours le parti comme un simple groupe de pression.

Fort de son programme qui cristallise les idéaux et les luttes de générations de  militants pour une  Algérie libre, plurielle, démocratique et solidaire, le RCD milite pour aider le peuple algérien à s’émanciper et à décider de son sort. Ouvert pour abriter des courants de pensée progressistes, le Rassemblement ne saurait être le réceptacle de  groupes dont l’ambition est de disputer la carte kabyleà des clients du régime en vue de redistribuer des strapontins et des privilèges à leurs ouailles.

Pour le reste, le RCD estime que l’heure n’est pas à la singularisation. Le RCD œuvre, avec d’autres forces et courants politiques et de la société civile,  pour populariser et regrouper le plus grand nombre d’acteurs autour d’une plate forme de transition avec ses instruments et ses mécanismes. L’objectif est de faire de l’implantation des forces du Pacte pour l’Alternative Démocratique, à travers différentes wilayas,  des lieux de débats, d’animation et de structuration du projet de transition. C’est à cette seule condition que nous pourrons aider à concrétiser un rapport de force en faveur d’une transition démocratique et pacifique.  

Au niveau de la situation générale du pays, l’obstination de Gaid Salah à installer un président potiche et les injonctions au gouvernement pour ouvrir les secteurs juteux, comme celui des hydrocarbures, aux multinationales sont une provocation contre le peuple en révolution. Au delà du caractère antinational de la  démarche, le pouvoir de fait étale son désarroi devant une contestation qui revendique la rupture avec un ordre qui s’est établi contre la volonté du peuple. Le RCD salue l’extraordinaire  mobilisation des citoyennes et des citoyens contre la projet de loi sur les hydrocarbures et le projet de loi de finances qui  introduit des dispositions que seul un pouvoir légitime et légal peut engager.

Sur un autre plan, les lois liberticides et les atteintes flagrantes et répétées aux libertés ne semblent pas suffire pour museler l’expression citoyenne. La révision annoncée du code de procédure pénale donne tous les pouvoirs à la police judiciaire sans contrôle du procureur de la république, pendant que le pouvoir de fait continue de manipuler la question des cultes, dont la liberté est pourtant expressément garantie par la constitution, à des fins d’opposer des Algériens à d’autres Algériens.

Des tribunaux, à l’instar de celui de Sidi Mhamed, sont devenus de simples chambres de relais d’un centre de décision qui régente la vie judicaire selon ses désidératas. Le RCD estime que rien ne peut justifier le maintien en détention de citoyens qui n’ont commis comme “délits” que celui de manifester pacifiquement pour défendre la liberté et la souveraineté de leur peuple. En cette commémoration du 17 octobre 1961 où des Algériens ont été massacrés par la police de Papon pour le simple motif qu’ils voulaient vivre libres dans un pays indépendant, la honte doit aujourd’hui couvrir ceux que le Hirak a libéré et qui continuent à se complaire dans l’humiliation.  

Enfin, le RCD se place résolument dans la perspective de l’ordre nouveau qui met fin à la tutelle politique exercée par le commandement de l’Armée sur la vie de la nation. Après la disqualification par le mouvement populaire de la présidentielle convoquée pour le 12 décembre,  la démarcation de cet agenda de la part de l’essentiel de la classe politique place ce pouvoir de fait en face de lui-même. Notre Rassemblement qui s’attelle, avec d’autres forces, à réunir les conditions pour que la fin du système politique qui a pris le relais de l’ordre colonial ne débouche sur le démembrement du pays ou le chaos, est plus que jamais convaincu que ceux qui ont pris en otage l’Algérie n’ont d’autres projets que celui de maintenir le système des privilèges qui a plombé notre pays .

Alger le 19 octobre 2019

Le Secrétariat national du RCD

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