Communiqué : Pas de compromis sur l’objectif de la construction de l’Etat de droit

Le secrétariat national du RCD s’est réuni au siège national à Alger le vendredi 14 juin 2019.

 Il a mis à son ordre du jour les évolutions dans la situation nationale, à la lumière de la dynamique démocratique de la société algérienne, enclenchée depuis le 22 février 2019, pour conquérir ses droits à la citoyenneté.

Le Secrétariat national du Rassemblement constate que l’exacerbation des règlements de compte dans le sérail algérien est avant tout le corollaire de l’absence de la promotion d’une solution politique démocratique.

Au demeurant, les segments patriotiques de la société qui ont nourri dans l’exclusion et la répression, des années durant, l’éclosion du 22 février 2019 par leur refus de la fatalité ont alerté sur le délitement gravissime des liens sociaux en raison de la généralisation de la corruption. De surcroit, devant un appareil judicaire totalement privatisé par Bouteflika pour broyer ses adversaires et protéger jusqu’aux désirs excentriques, de sa cour et de ses affidés. 

A ce sujet, les auditions par la justice des membres des exécutifs successifs qui ont sévi sous le règne du chef de l’Etat déchu et les charges graves qui pèsent sur la plupart d’entre eux démontrent que le pays a été longtemps livré à une faune de prédateurs apatrides sans foi ni loi. L’Etat de droit auquel aspire notre peuple et qu’anime la mobilisation continue de tous les segments sociaux, à commencer par la jeunesse et les femmes, ne peut être érigé sur l’impunité ou l’amnésie.

Le RCD estime que la voie qui mène vers la république exemplaire peut prendre des chemins tortueux mais elle ne peut se suffire d’une justice sélective. Dans le nouveau contrat social que notre peuple finira par imposer, dans la paix, avec ses partis et ses organisations, l’indépendance effective de la justice constitue le cœur et le moteur du nouvel édifice institutionnel.

Par ailleurs, ceux qui découvrent le dialogue inclusif et le compromis comme moyens idoines de résoudre les crises doivent savoir que les compromis ne s’opèrent pas sur l’objectif: l’édification pérenne d’un Etat de droit. Par contre les compromis sur les mécanismes et les délais ne sont pas possibles tant que les libertés publiques sont tributaires des calculs du pouvoir de fait. La libération des détenus d’opinion, la restriction de la détention préventive à la seule nécessité de la manifestation de la vérité, la cessation des interpellations de citoyens anonymes pour le seul fait qu’ils “sont soupçonnés de participer à une marche”, la levée de l’encerclement de la capitale participent de mesures d’apaisements incontournables.

Enfin, en ce 14 juin 2019, le RCD s’incline devant la mémoire des 126 jeunes assassinés par les gendarmes en 2001 dans la région de Kabylie. Il demeure que la répression et le traitement de la marche programmée dans la capitale ce jour-là, constitue l’une des plus grandes tentatives du régime pour attenter à l’unité du pays. Une justice indépendante, forcement soucieuse de restituer sa mémoire au peuple algérien, se doit, en son temps, de convoquer tous les acteurs et les témoins encore vivants de cet épisode douloureux.

 Alger le 15  juin 2019

Le Secrétariat national du RCD

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