Communiqué du Secrétariat national du RCD

Dans sa réunion du 24 mai 2019, tenue à Alger, le Secrétariat national du RCD prend acte de l’offensive du chef d’Etat-major de l’Armée, Ahmed Gaid Salah, pour contourner les revendications du mouvement populaire et de son obstination à organiser une élection présidentielle sous un nouveau rapport de force clanique.

La  reprise en mains des medias lourds, après un court intermède de flottement et l’usage de dispositifs répressifs, de plus en plus violents,  pour contrer les actions du mouvement populaire  préfiguraient déjà les dernières sorties du porte parole du pouvoir de fait. Le chef de l’Armée, au prix d’un déni de la réalité, continue à vouloir imposer ses vues et ses “solutions”  à coup de menaces et autres anathèmes  contre tous  les courants politiques progressistes et les activistes qui réclament un véritable processus de construction d’un Etat de droit. 

Les tribunaux sont instruits pour faire défiler devant les juges et les caméras ” cachées ”  des médias aux ordres, des figures “choisies” de l’ancien régime.

Dans un Etat de droit, personne n’aurait été surpris de la comparution des Ouyahia, Sellal, la cohorte de ministres cornaqués par les Bouteflika ou de Kouninef, Haddad, Tliba et Zoukh devant la justice.  Et la liste est longue.

Si on veut que la justice et rien que la justice s’exerce, en plus de l’indépendance dont elle doit jouir, y compris vis à vis de l’opinion publique, elle doit déjà commencer à réfuter le caractère sélectif de ces interpellations en convoquanttoute la 3issaba. Abdelaziz Bouteflika, le chef de l’Etat déchu, doit être entendu sur ses actions et sur l’activité de ses collaborateurs. A ce stade, c’est l’unique  gage de crédibilité pour que ce qui est présenté comme une opération mains propres ne soit pas dans les faits une  chasse aux sorcières.

Y a t-il des obstacles  pour que  la justice convoque l’ex chef de l’Etat pour l’entendre? Là est la question sur laquelle elle est attendue.  Se peut-il que le chef de l’Etat-major qui a pris la tête de la croisade contre la “bande” ait une réponse.

Dans la contestation de l’ordre établi, le RCD estime que la jeunesse algérienne a fait preuve de maturité, de patience et de détermination. Le choix du pouvoir de fait de s’en tenir à un agenda essentiellement électoral qui met au centre la lutte pour le pouvoir alors que l’éclosion démocratique du 22 février, autorise tous les espoirs ne peut durablement rythmer la vie de la nation. L’autoritarisme qui a ruiné le pays ne peut le mener vers la lumière par le simple fait qu’il change de visages.

Pour toutes ces raisons, le Rassemblement appelle à la mobilisation la plus large pour investir tous les espaces de luttes et de débats et à la solidarité pour venir à bout des prétentions des tenants de la contre-révolution. La panique qui s’est emparée des centres de décision en ce 14èmevendredi de manifestation indique que la détermination des populations est la seule voie pour en finir avec un système politique inique.   

Alger le 25 mai 2019

Le Secrétariat national du RCD

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