Communiqué du 23 février 2019

Les manifestations du 22 février 2019 qui se sont déroulées à travers de nombreuses localités du pays et singulièrement dans la capitale, ont clairement signifié le rejet de la mascarade électorale du 18 avril 2019. Par leur nombre et le contenu de leurs revendications, elles ont aussi et surtout clamé haut et fort leur refus du maintien d’un système politique qui dénie au peuple algérien, depuis le premier jour de l’indépendance, sa souveraineté et son droit à choisir ses institutions et ses mandants.

Le RCD qui a mis en garde et qui met en garde une nouvelle fois contre la tentation de l’usage de la violence pour réprimer des contestations pacifiques et légitimes, rend hommage aux populations qui ont défilé dans le calme pour exprimer leur haine du système de la hogra, de l’opacité et de la corruption. Le RCD estime qu’il est urgent d’ouvrir une issue qui redonne espoir et qui mobilise le pays pour une alternative démocratique et pacifique.

Les tenants de la présentation de la candidature de Bouteflika ou d’une autre candidature de substitution pour maintenir un régime d’oppression doivent tirer les seules conclusions qu’appelle le référendum populaire du 22 février : la fin du système qui sévit depuis 1962.

Acculée au désespoir et la harga, la jeunesse algérienne qui fut l’avant garde et la substance de ces manifestations historiques a démontré sa pleine détermination à obtenir le changement et simultanément a administré, par son calme, une leçon de civisme et de fraternité. Elle a décidé de prendre son destin en main pour vivre libre et digne dans son pays. Instruites par les usurpations de ses sacrifices en 1988, avertie du sort réservé au président Boudiaf qui lui a redonné espoir, elle ne se laissera pas, cette fois, voler son combat par des carriéristes qui veulent réduire son engagement au rejet d’un cinquième mandat, certes indigne, humiliant et désormais dépassé, mais qui n’est que la face émergée de l’iceberg qui menace la nation.

Malgré les abus et la multiplication des provocations, aucune victime n’a été déplorée grâce à la maturité des manifestants. Il est encore temps d’éviter le pire. Celles et ceux qui ont assis leur pouvoir sur l’arrogance et l’arbitraire peuvent encore se ressaisir. La démission du chef de l’Etat et de son gouvernement sont à la fois le minimum qu’impose la situation et la dernière issue que leur offre l’Histoire.

L’heure n’est pas au vote mais au bilan d’un désastre qui peut engloutir l’Algérie. L’urgence est à la recherche sereine et lucide des voies les plus pertinentes pour assainir la scène politique. Une fois les règles et les mécanismes de restitution de la souveraineté citoyenne définis et admis, l’heure des compétitions électorales viendra naturellement.

Nos voisins de l’est confrontés à l’effondrement brutal d’un despotisme prédateur ont su mobiliser les ressorts du patriotisme, qui sont le contraire de la précipitation et de l’opportunisme, pour prendre le recul et le temps nécessaires à l’audit national précédant les nouveaux départs.

C’est dans ce sens que le RCD appelle à un dialogue, piloté par une commission de sages, pour organiser une période de transition qui doit aboutir, le plus tôt possible, à l’organisation d’élections générales régulières et transparentes pour doter le pays d’institutions crédibles et légitimes. Cela suppose, en premier lieu le départ de ce gouvernement et la constitution d’un gouvernement de salut national qui engagera les procédures devant conduire le pays vers le retour à la souveraineté populaire.

Alger le 23 février 2019
Le RCD

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